20/11/2025
La cathédrale russe Saint-Nicolas à Nice (1912).
La chapelle commémorative du grand-duc Nicolas Alexandrovitch (1865).
La cathédrale Saint-Nicolas le Thaumaturge à Nice est un des plus précieux joyaux de l’architecture religieuse russe du début du XXe siècle. Tant en Russie qu’à l’étranger, elle peut être mise sur le même plan que la cathédrale Saint-Basile sur la Place Rouge à Moscou ou que l’église du Sauveur-sur-le-Sang versé à Saint-Pétersbourg.
La villa Bermond et le début des hivers russes à Nice.
Les raisons de la présence d’une telle cathédrale à Nice, pourtant ville de province, éloignée de la capitale, sont historiques. En 1853 éclata la guerre de Crimée, ou d’Orient, entre la Russie et une coalition d’États (Grande-Bretagne, France, Empire Ottoman, et le Royaume de Sardaigne à qui appartenait alors Nice). L’empereur Nicolas Ier avait décidé d’apporter une aide aux peuples orthodoxes de la péninsule balkanique pour leur libération du joug turco-ottoman. La conséquence de
cette confrontation fut la signature sous l’empereur Alexandre II d’un Accord de Paris en 1856 sous condition de démilitarisation de la mer Noire. Le frère de l’empereur, Constantin, amiral de la flotte russe, fut chargé de négocier avec le roi de Sardaigne la délocalisation de la flotte russe de la mer Noire, de Sébastopol (en Crimée) à Villefranche, près de Nice. Cette même année, le 26 octobre, arrivent à Nice en villégiature la mère d’Alexandre II, l’impératrice douairière Alexandra Feodorovna, ainsi que la veuve du frère de l’empereur, la grande-duchesse Elena Pavlovna. L’impératrice-mère rencontre le roi de Sardaigne, Victor-Emmanuel II, et la question de la relocalisation de la flotte russe est résolue positivement: la flotte russe obtient le bail du port de Villefranche, et Nice reçoit le statut de villégiature aristocratique russe. L’impératrice s’installe à la villa Avigdor surplombant la mer, où elle organise la première chapelle orthodoxe de Nice et loue la magnifique villa Bermond pour sa belle-sœur Elena Pavlovna, avec ses eucalyptus, ses jardins d’orangers et ses fontaines. Cette dernière villa devient un lieu de repos, de divertissement et de fêtes pour deux générations de la Famille Impériale. Notre cathédrale se trouve sur son territoire.
La chapelle commémorative du Tsarévitch.
Ce lieu acquiert son côté tragique dès 1865 : c’est ici, à la villa Bermond, qu’a été soigné le fils aîné d’Alexandre II Nicolas. Le tsarévitch, héritier du trône meurt dans les bras de sa mère éplorée et de son père, arrivé d’urgence de Saint-Pétersbourg. La frégate russe « Alexandre Nevsky », achemina ses
restes à la forteresse Pétropavlovsk à St Pétersbourg, la nécropole de la famille Romanov, et toute la ville de Nice lui rendit un dernier hommage lors de ce dernier voyage. L’empereur pris la décision d’acheter et de faire raser la grande partie de la villa où Nixa, comme il était appelé affectueusement dans sa famille, s’éteignit et d’ériger à sa place une chapelle commémorative. L’académicien de Saint-Pétersbourg David I. Grimm, auteur du projet, a conçu une chapelle dans le style byzantin, comme à Chersonèse (district de Sébastopol), où il construisait une cathédrale sur le site du baptême du Prince Vladimir, le fondateur de l’État russe (Xe siècle). La chapelle a été construite en 1868 et consacrée, en présence du frère du défunt, le futur empereur Alexandre III. À l’intérieur une iconostase de marbre est disposée autour de la chapelle avec 22 icônes de Thimotée von Neff, peintre attitré de la Cour : l’une d’elles, la Résurrection du Christ, a été commandée personnellement par l’Empereur et l’Impératrice. Sur le sol en marbre de Carrare, un rectangle noir et blanc marque le lieu du décès du Tsarévitch. L’impératrice Marie Alexandrovna a fait don d’un voile commémoratif avec les initiales de son fils et trois dates (naissance, anniversaire et décès), lequel voile est maintenant conservé dans la cathédrale, et d’une icône de Saint Nicolas le Thaumaturge. Quant à la Mairie elle baptisa la rue voisine de la villa Boulevard du Cezaréwitch maintenant juste Tzaréwitch perpétuant ainsi le souvenir de cette tragédie.
Le souvenir du Tsar-Libérateur Alexandre II.
Mais la relation entre l’empereur Alexandre II et la villa Bermond et ne s’arrête pas là. Conséquence de la guerre victorieuse de 1877-1878 contre l’Empire Ottoman, l’empereur libère ses frères Bulgares orthodoxes de l’oppression multiséculaire turque, tout en élargissant les territoires de Serbie, du Monténégro et de Roumanie et annexant l’Asie Centrale et le Caucase du Nord à la Russie. Sur le plan intérieur il mène de " grandes réformes " dans le pays, en particulier l’abolition du servage. Un an avant sa mort tragique des mains des terroristes de la «Volonté du peuple» le 1/13 mars 1881, il a épousé secrètement, en deuxièmes noces, la princesse Catherine Dolgoroukov, titrée princesse sérénissime Yourievsky. La mort de l’empereur la force à quitter le Palais d’Hiver et à s’installer à Nice avec leurs trois enfants. Jusqu’à son décès en 1922, elle fit don des souvenirs de l’Empereur, son uniforme préféré de hussard et sa chemise avec les traces de son sang, à la cathédrale St Nicolas où ils sont conservés encore aujourd’hui. La mémoire du fondateur de ce lieu a toujours été honorée dans la cathédrale : une grande icône de St Alexandre Nevsky, saint patron du Tsar-Libérateur a été installée en 1912 avec l’inscription correspondante.
La toute première église russe de Nice.
Malgré toute l’importance de la villa Bermond et de son monument-mausolée au Tsarévitch, la vie religieuse des croyants orthodoxes de la Côte d’Azur se déroulait en fait autour d’une petite église, atypique au sens russe, située près de la vieille ville. Consacrée en janvier 1860, elle avait pourtant les attributs de la grandeur impériale. La riche iconostase sculptée, don de l’impératrice-mère, a été complétée par d’anciennes icônes et de précieux objets liturgiques. Mais sa valeur particulière tenait à sa bibliothèque, fondée par un ami de Pouchkine, hivernant à l’époque à Nice et par le poète Pierre Viazemsky. Cette église a été conçue par la veuve de l’empereur Nicolas Ier, Alexandra Feodorovna, qui comme beaucoup de conjointes de tsars russes était de sang allemand, et dont l’orthodoxie était une deuxième confession après le luthéranisme. La coutume veut qu’une nouvelle église soit consacrée aux saints patrons des principaux constructeurs : celle de Nice fut consacrée à Saint Nicolas le Thaumaturge (en mémoire de son défunt époux, Nicolas Ier) et à Sainte Alexandra la martyre (la sainte patronne de l’impératrice-mère). N’oublions pas qu’à cette époque, l’orthodoxie était la religion d’État de l’Empire russe et que tous les événements les plus importants de la vie humaine étaient associés à l’Église orthodoxe: elle baptisait les nouveaux nés, délivrait les certificats de naissance et de religion, elle célébrait les mariages et en assurait les privilèges, elle accompagnait les défunts et permettait aux enfants d’hériter. À l’étranger, les églises accomplissaient en partie des fonctions publiques, et les prêtres recevaient leur rémunération et des récompenses selon la « Table des rangs ». C’est ici, dans l’église de la rue Longchamp, que le futur tsar Alexandre III, présent avec son père aux funérailles de son frère aîné, a été proclamé pour la première fois héritier du trône russe. C’est à Nice qu’il a rencontré pour la première fois sa future épouse, la princesse danoise Dagmar, pleurant avec lui son premier fiancé, le jeune Tsarévitch. Qui pouvait alors imaginer que, par la Providence de Dieu, elle survivrait non seulement à son époux, mais également à son fils et à ses petits-enfants, et même à sa Russie qu’elle connaissait et dont elle se souvenait ?
Cathédrale Saint-Nicolas.
Sous le règne de son fils Nicolas II, trente-cinq ans plus tard, Dagmar, alors impératrice douairière Maria Fedorovna, se retrouve à nouveau sur la côte Ligurienne. Alors qu’elle se reposait avec son fils, le grand-duc et tsesarévitch Georges, au pied des Alpes, dans l’ancienne Turbie, pleine de souvenirs des exploits des légionnaires romains de César Auguste, elle rencontre en 1896[1] le prêtre local, le Père Serge Lubimov et ses paroissiens honorables. Ils lui ont parlé des dimensions modestes de la petite église russe, en outre gravement affectée par le récent tremblement de terre de 1887. Pendant la saison estivale, l’église fermait mais en hiver et au printemps, le nombre de familles russes résidant dans les environs de Nice atteignait plusieurs milliers. Les membres de la Famille Impériale et les proches de l’empereur et même… les révolutionnaires venaient régulièrement. La ligne directe de chemin de fer Saint-Pétersbourg-Nice, qui a ouvert ses portes en 1864, permettait d’atteindre Nice en trois jours. À Pâques et à Noël, il était impossible d’entrer dans l’église. Le souvenir des jours tragiques de sa jeunesse à Nice était pénible et Marie Feodorovna était réticente à visiter la ville, mais elle ne pouvait pas ne pas répondre à la demande et a fait ce qui était en son pouvoir pour permettre la construction d’une nouvelle église ici.
Un Don Impérial.
Le projet a reçu l’approbation de l’empereur Nicolas II, et sur
proposition de Marie Feodorovna, le petit-fils de l’empereur Nicolas Ier, le prince Georges M. Romanovsky, duc de Leuchtenberg, a été nommé responsable de celui-ci. Ainsi, le support de l’État et le patronage de la Maison régnante étaient acquis à la construction dès le début.
Initialement il était prévu de démolir tout ou partie de l’église existante de la rue Longchamp et d’y construire un bâtiment plus important dans le style classique russe. Cependant les servitudes urbaines existantes ont obligé la Commission de construction, constituée en 1900, à envisager l’achat d’un lieu plus adapté, à l’intersection des rues, alors calmes, de Verdi et Berlioz (alors Rivoli) dans le quartier « des musiciens », près de la gare. Le Saint-Synode de l’Église Russe approuva le merveilleux projet de l’académicien de St-Pétersbourg Michel Preobrajensky pour ce site, mais celui-ci s’avéra finalement trop humide et peu apprécié des paroissiens sur les arrières d’un hôtel. La revente du site s’avéra impossible et les fonds manquaient pour l’achat d’un nouveau.
C’est alors que l’empereur Nicolas II lui-même, intervint et autorisa la construction de la nouvelle église sur le territoire de l’ancienne villa Bermond, où depuis longtemps s’élevait la chapelle, appelée alors Mausolée Impérial, bien qu’aucune inhumation n’y ait jamais eut lieu et ne pouvait l’être.
L’action de grâce solennelle pour la pose de la première pierre de la fondation de la cathédrale a été consacrée à la mémoire du Tsarévitch le 12/25 avril 1903[2]. La Maison Impériale des Romanov était représentée par le grand-duc Michel Nikolaievitch, frère d’Alexandre II (décédé en 1909 à Cannes) avec ses enfants Michel (décédé en 1929) et Anastasie (décédée en 1922 à Eze, près de Nice), la fille d’Alexandre II, Marie de Saxe-Coburg-Gotha (décédée en 1920) et, bien sûr, le chef de la Commission de construction le prince Georges Romanovsky (décédé en 1912). En plus des membres de la famille impériale, le gouverneur militaire de Nice, le maire de la ville Honoré Sauvan, le prince Ferdinand, futur roi de Bulgarie (décédé en 1948) et de nombreux croyants orthodoxes ont participé à la pose des pierres de la fondation de la cathédrale.
Les travaux de construction.
La construction s’est poursuivie, par intermittence, pendant 9 longues années, au cours desquelles se sont succédé plusieurs entrepreneurs et présidents de la Commission, et le pays a traversé la désastreuse Guerre russo-japonaise et la première révolution de 1905, tout aussi désastreuse.
Un quadrilatère de blocs de pierre, taillés et orientés, selon la tradition orthodoxe, à l’Est, a été installé sur une fondation continue en béton armé. La partie supérieure de la cathédrale et le clocher ont
également été coulés en béton armé pour renforcer la structure, ce qui, à cette époque, constituait une grande innovation. Selon le plan original, qu’on n’a pas cherché à adapter au nouvel emplacement, la cathédrale avait deux entrées séparées (chacune donnant sur sa propre rue), chacune était surmontée d’un porche monumental dans le style moscovite. De grandes ouvertures, peu typiques de l’art russe, inondent de lumière chaude du sud l’intérieur des murs sacrés. L’ensemble de la construction est couronnée d’une puissante structure à cinq dômes, traditionnelle pour une cathédrale, avec un dôme central atteignant la cote de 52 mètres.
Malgré son poids énorme et sa grandeur, la cathédrale donne une impression de légèreté et de flottement dans l’air. Cet effet est obtenu, non seulement par la beauté des formes mais également par le choix recherché de tous les éléments décoratifs. La légèreté et la blancheur pure est donné par la pierre mate marbrée de Lens, travaillée par les maîtres italiens sur les dessins de Préobrajensky. Le côté festif était dû au contraste avec la brique rouge d’Allemagne et provenait surtout des riches tuiles émaillées préparées à Florence. Le caractère finalisé de l’ensemble et sa signification s’exprimaient par les énormes croix dorées et par le panneau magistral de mosaïque art-déco russe « La Sainte Face ». Les œuvres en mosaïque ont été réalisées sous la direction du maître, Vladimir A. Frolov, qui a décoré l’église du Sauveur-sur-le-Sang à Saint-Pétersbourg, le lieu du meurtre de l’empereur Alexandre II, et plus tard, déjà à l’époque soviétique, le mausolée de Lénine et les stations du métro de Moscou, Mayakovskaya et Autozavodskaya. Au-dessus des marches en pierre, des chérubins à six ailes, par leurs regards sévères, demandent à l’avance aux entrants dans l’église de laisser là leurs pensées mondains. La combinaison du caractère monumental et esthétique et de la palette de couleurs vives, laisse une impression étonnante, transporte et donne une idée du fondement divin de la beauté du monde créé.
Décoration intérieure.
L’explosion des couleurs extérieures, s’unissant au bleu profond du ciel du sud, au vert émeraude des dômes et à l’atmosphère oxygénée du parc est remplacée dès l’entrée à l’intérieur par une tonalité sourde et une concentration sur la prière. L’iconostase à trois niveaux, aux dorures ardentes et travaillées, se dresse devant nous comme un arbre mystique du paradis, découvrant ses branche avec leurs icônes des saints et captivant le regard vers le haut, vers ce qu’il nous cache - le Saint des Saints du Jérusalem céleste. La très riche collection d’icônes, de reliquaires et d’objets sacrés complète l’impression d’une église-refuge dans laquelle ont trouvé leur salut les saints objets de l’empire disparu à jamais – la Sainte Russie.
L’iconostase a été réalisée par l’atelier moscovite des frères Khlebnikov, fournisseur de la Cour, les icônes ont été peintes par l’artiste Glazounov dans le style de l’école de Palekh, et l’esquisse de l’iconostase était de l’artiste-décorateur Leonid A. Pianovsky, alors très jeune et peu connu. Il a collaboré avec le grand architecte Alexeï Chtchoussev, auteur de la petite chapelle merveilleuse du cimetière russe de Caucade à Nice. Aucun d’entre eux n’a signé son œuvre - telle était la tradition originale de l’art religieux russe : toute gloire - à Dieu seul !
Sa conception intérieure était cependant loin d’être parfaite. Il n’y eut pas assez d’argent pour les fresques des murs avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. C’est pourquoi une version décorative simplifiée a été confiée à De Signori, un jeune artiste local d’origine italienne, peu familier avec les bases de l’iconographie académique et qui a travaillé sous la supervision de Pianovsky. La gamme des couleurs de l’intérieur était également inhabituelle pour une église russe. Il n’y eut pas le temps de réaliser le lustre central. L’émigration russe n’avait malheureusement pas les ressources créatives nécessaires pour terminer l’ensemble architectural, et il est resté un monument de l’époque d’avant la révolution.
Néanmoins, les paroissiens ont largement puisé dans leurs trésors familiaux pour enrichir la décoration de l’église. Même la sœur de l’empereur Nicolas II, la grande-duchesse Xénia Alexandrovna a mis la main à la décoration de l’église et fit don dans les années 1930 d’une icône brodée de la Vierge Donskaia.
Fin des travaux.
La cathédrale a été équipée selon les dernières technologies du début du siècle: le câblage électrique était caché dans les tuyaux métalliques, les veilleuses de l’iconostase et les grands chandeliers étaient munis d’ampoules électriques, des paratonnerres en cuivre ont été installés sur les dômes, un chauffage à la vapeur était installé à l’intérieur et on disposait d’une communication téléphonique entre l’autel et le chœur.
En 1910, les travaux extérieurs et les revêtements intérieurs principaux sont achevés. Il a fallu environ 1,2 million de franc-or, dont 700 mille ont payés par l’empereur Nicolas II sur sa cassette personnelle, et 350 mille par le prince Serge Mikhailovitch Galitzine (décédé en 1915 à Lausanne), proche de la Cour, fils de l’ambassadeur de Russie en France et troisième président de la Commission de construction.
Un an plus tôt, l’empereur Nicolas II avait signé un ordre de jouissance gratuite du terraine et des constructions qui l’entourent à l’Église Orthodoxe Russe en personne de l’Administration synodale de la ville-capitale pour une période de 99 ans, avec la possibilité d’une prolongation ultérieure du bail emphytéotique. Cela était dû au fait que le terrain sur lequel l'église a été érigée avait été acheté en 1865 avec les fonds de l’empereur Alexandre II et transmis par héritage aux souverains suivants. En 1909, cette parcelle de terrain de 10 000 m² a été transférée au Cabinet de Sa Majesté, puis transférée en pleine gestion au Saint-Synode de l’Église Russe. Celui-ci y a rattaché un terrain de 950 m² sur le côté est de la cathédrale (avenue Gay), donné à l’Église par Monsieur Gay, et un autre terrain de 3 mille m² en face de la cathédrale, sur le boulevard Tzaréwitch. Ce dernier a été en partie rétrocédé à la ville pour la construction d’un large accès à la cathédrale, alors appelé Avenue Nicolas II.
En décembre 1912, Mgr Triphon, évêque de Dmitrov, et une partie de la chorale synodale masculine ont été envoyés à Nice de Moscou par le Saint-Synode pour la consécration de la cathédrale. La Maison impériale était représentée par le prince Alexandre Romanovsky, duc de Leuchtenberg, fils du premier président de la Commission de construction et de la grande-duchesse Anastasie Mikhailovna. Des invités de premier plan, dont le maire de Nice, le général Goiran, ont été accueillis par le prince Galitzine et l’archiprêtre Serge Lubimov, recteur de l’église de Nice depuis 1888[3]. Le Tsar a envoyé un télégramme : « Ravi de tout mon cœur que je puisse offrir aux Russes habitant à Nice la possibilité d’ériger une nouvelle église. Nicolas II. »
Compte tenu de l’importance de cette église pour la famille impériale et pour tous les sujets russes, le Saint-Synode lui a conféré le statut de cathédrale, le statut unique pour une église à l’étranger, que même l’église de l'ambassade russe à Paris, de Saint Alexandre Nevsky, n’avait pas. La cathédrale a été reconnu comme le meilleur exemple du style russe à l’étranger - une combinaison de l’architecture traditionnelle russe (dans ce cas le type iaroslavo-moscovite fin XVIe et début XVIIe siècles) et l’ultra-contemporain art-déco. Les deux derniers tsars russes ont privilégié ce style. Dans l’émigration russe du monde entier, la cathédrale était considérée la modèle architectonique de la patrie. Comme l'évêque Jean Chakhovskoy l'avait bien précisé : « Il ya, certes, aux États-Unis, des cathédrales plus vastes que celle de Nice, il n'y en a pas qui soit aussi belle. »
Recteur de la cathédrale,
l’archiprêtre Andreï Eliséev
[2] La différence entre le nouveau et l'ancien style julien était, au XXe siècle, non plus de 12 jours mais de 13 jours, c’est pourquoi la mémoire du Tsarévitch a été célébrée le 25 et non pas le 24 avril. Cf.: La cathédrale orthodoxe nouvellement érigée à Nice, les réflexions d’un vieil habitant russe de la Riviera. Typ. J.E. Kleidmann à Nice, p. 9.
[3] Archiprêtre Serge G. Lubimov, L'église orthodoxe russe à Nice et les établissements qu'il y sont liés. Saint-Petersbourg, 1900, p.4.